Histoire de la soie du village de Van Phuc
Les soieries du chef-lieu de Ha Dung sont tellement belles qu’elles ont inspiré des poètes ! Un seul village est à l’origine de ce prestige : Van Phuc.
Implanté au bord de la rivière, à une vingtaine de kilomètres de Hanoi, Van Phuc a longtemps nourri ses habitants par la sériciculture, le tissage de la soie et la riziculture. Autrefois, tous les villageois de Van Phuc, mi-artisans, mi-paysans, passaient une grande partie de leur existence à produire ou tisser la soie, entre les durs travaux champêtres.
L’obtention de la soie est un long processus, qui commence avec la plantation des mûriers, la nourriture exclusive des vers à soie. Le tissage de la soie a profondément changé la physionomie du village de Van Phuc.
Une certaine atmosphère urbaine règne dans cette localité pourtant bien rurale. Les magasins bien achalandés se touchent. Les vitrines remplies de tissus multicolores éblouissent les visiteurs de passage. Les enseignes sont souvent bilingues : « Van Phuc silk - Prestige High quality », etc..
Mais, derrière les vitrines pimpantes, le village traditionnel persiste encore. Les cliquetis des métiers à tisser, qui se transmettent de générations en générations, résonnent encore dans les foyers. Maintenant, il n’y a plus de sériciculture à Van Phuc.
Les artisans achètent les soies grèges (soies brutes) dans les régions séricicoles : Les mains habiles des villageois de Van Phuc ne réalisent plus que le dernier maillon du travail : le tissage.
Une matière prestigieuse... accessible à tous
Il n’existe plus aujourd’hui à Van Phuc que quelques familles exerçant encore le tissage de manière artisanale.
Les machines modernes importées de Chine ont remplacé progressivement la plupart des vieux métiers à tisser. Pourtant, le tissu réalisé manuellement, « à l’ancienne », qui demande beaucoup d’efforts de la part des artisans, est très apprécié de la clientèle.
Mais son prix est assez élevé. Cette soie est mince, douce et fraîche, idéale à porter dans la touffeur tropicale.
Les vieux artisans sont toujours prêts à raconter aux visiteurs l’histoire de leur métier, la façon de sélectionner les matières premières, de teindre ou de sécher les tissus afin d’obtenir une qualité optimale.
Selon eux, si les vers à soie mangent des feuilles de mûrier de mauvaise qualité, ils ne donneront pas de cocons d’un blanc pur. Et si le tissage n’est pas réalisé dans les règles de l’art, le tissu sera de piètre qualité. Le produit dépend de la technique, de la qualification et du savoir-faire de l’artisan.













